CHRONIQUE #128 | ℒe garçon sorcière

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𝓖𝑒𝓃𝓇𝑒 : Comics

𝓣𝒾𝓉𝓇𝑒 : Le garçon sorcière

𝓐𝓊𝓉𝑒𝓊𝓇 : Molly Knox Ostertag

𝓔𝒹𝒾𝓉𝒾𝑜𝓃 𝑒𝓉 𝓟𝒶𝓇𝓊𝓉𝒾𝑜𝓃 : Kinaye (2020)

𝓝𝑜𝓂𝒷𝓇𝑒 𝒹𝑒 𝓅𝒶𝑔𝑒𝓈 : 224 pages

ℛ𝑒́𝓈𝓊𝓂𝑒́ : Dans la culture du jeune Aster, treize ans, toutes les filles sont élevées pour devenir des sorcières et les garçons, des métamorphes. Toute personne qui ose contrevenir à cette tradition est exclue. Malheureusement pour Aster, il demeure incapable de se métamorphoser… et il est toujours aussi fasciné par la sorcellerie, bien qu’elle lui soit formellement interdite. Lorsqu’un danger mystérieux menace les autres garçons, Aster sait qu’il peut aider… avec la sorcellerie. Avec les encouragements d’une nouvelle amie excentrique, Charlie, Aster se laisse enfin convaincre d’exercer ses talents de sorcière. Mais il aura besoin d’encore plus de courage pour sauver sa famille… et en réalité, se sauver lui-même.

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𝚂𝙴𝚁𝚅𝙸𝙲𝙴 𝙿𝚁𝙴𝚂𝚂𝙴 – 𝙴𝙽 𝙿𝙰𝚁𝚃𝙴𝙽𝙰𝚁𝙸𝙰𝚃 𝙰𝚅𝙴𝙲 𝙻𝙰 𝚅𝙾𝙸𝚇 𝙳𝙴𝚂 𝙻𝙴𝙲𝚃𝚁𝙸𝙲𝙴𝚂

𝒰n véritable coup de coeur pour ce comics à l’atmosphère magique et aux messages de tolérance et de déconstruction touchants et nécessaires.

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𝒥e n’avais pas vraiment eu l’occasion de lire des comics juste ici, et si celui-ci a un format particulier, je l’ai trouvé intéressant et innovant. L’ouvrage est grand, à couverture rigide mais ça ne m’a pas surpris longtemps. Les graphismes sont sublimes et accrocheurs, et m’ont fait rentrer immédiatement dans l’univers magique et contemporain du récit. Les couleurs sont travaillées mais restent simples. Chaudes lorsqu’Aster, le personnage principal est heureux, elles deviennent plus froides et tranchantes lorsque ses pensées sont plus sombres. Le trait est infiniment doux et j’ai eu l’impression d’être bercée pendant ma lecture, c’est agréable et impressionnant. Etant particulièrement adepte de magie et de sorcellerie, j’ai trouvé les éléments, les runes, les dialectes inventés extrêmement intéressants, j’étais tout aussi curieuse qu’Aster.

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© Kinaye

𝒜ster m’a tant touchée, par sa volonté de faire ce qu’il aime malgré le regard et l’incompréhension des autres. Il veut être sorcier, mais seules les femmes peuvent l’être dans sa famille, les hommes sont eux metamorphes. Mais ce qu’il aime vraiment, c’est apprendre des sorts, et il va devoir braver bien des dangers pour le faire accepter. Sa famille est pleine d’amour mais très branchée tradition, avec de bons secrets de famille et des non-dits, sauf que cette construction blesse les plus jeunes. On évoque ainsi l’importance du pardon, de la remise en question, de la communication et d’évoluer avec son temps pour éviter le pire. L’ouvrage s’adresse aussi bien aux jeunes qu’aux adultes, clairement bon à mettre entre toutes les mains. La différence que ressent Aster fait qu’il subit des moqueries même dans sa famille et qu’on en vient à se méfier de lui alors qu’il souhaite simplement être qui il est. Ça a encore un véritable écho aujourd’hui car on continue d’imposer par la société patriarcale un paquet d’idées reçues, même si ça change doucement.

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© Kinaye

𝒞’est une ode sublime à la tolérance, avec de la diversité chez les personnages qui sont de couleur, une famille homoparentale, un handicap évoqué, tout cela naturellement et sans poser de questions. Aster rencontre Charlie durant ses aventures, une fille humaine aux apparences et passions plutôt garçonnes, qui va l’aider à grandir et à prendre des décisions pour sa vie et son bonheur sans se soucier du regard des autres. Ils s’entraident facilement et dépassent tous les préjugés. On a une totale déconstruction des clichés de genre, une dénonciation du conditionnement de la société qui se mêle parfaitement à une atmosphère profondément magique.

𝒪n suit également le cheminement d’un jeune homme perdu, qui a peur de mal faire et de perdre la confiance des siens, mais qui d’un côté, sent que ce n’est pas normal et qu’il ne devrait pas être traité comme ça car il est différent. Il va avoir la tentation de passer du côté obscur de la force, car à force d’être mal dans sa peau et incompris, c’est malheureusement le chemin que beaucoup empruntent… Mais j’admire son caractère mature et réfléchi, mais émotif également, il parait si vrai et entier. Le personnage de la grand-mère m’a beaucoup touchée car elle reconnait son erreur et comprend qu’il ne faut pas reproduire les vieilles croyances. Ce sont parfois les plus âgés qui ont une ouverture d’esprit plus grande et qui montrent la voie de la tolérance aux autres. Le message final est ainsi beau et satisfaisant. L’histoire aurait très bien pu être un one-shot et s’arrêter là mais je suis très curieuse de lire la suite car je sens que l’univers a un grand potentiel. C’était une vraie découverte de la maison d’édition et ça me donne très envie de découvrir le reste car ils permetttent de découvrir des comics rares en France et les rendent accessibles à tous.

coup de coeur

15 commentaires sur « CHRONIQUE #128 | ℒe garçon sorcière »

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