CHRONIQUE #151 | Tant qu’il le faudra

𝓖𝑒𝓃𝓇𝑒 : Contemporain

𝓣𝒾𝓉𝓇𝑒 : Tant qu’il le faudra

𝓐𝓊𝓉𝑒𝓊𝓇 : Cordélia

𝓔𝒹𝒾𝓉𝒾𝑜𝓃 𝑒𝓉 𝓟𝒶𝓇𝓊𝓉𝒾𝑜𝓃 : Akata (2021)

𝓝𝑜𝓂𝒷𝓇𝑒 𝒹𝑒 𝓅𝒶𝑔𝑒𝓈 : 296 pages

ℛ𝑒́𝓈𝓊𝓂𝑒́ : Entre romance, engagement et dramaqueer. Prudence est une jeune lesbienne dans le placard qui découvre la vie parisienne… David est un étudiant gay dont la vie tourne presque exclusivement autour de son engagement associatif et de son meilleur ami… Jade, militante féministe et anti- validisme, essaie de faire entendre sa voix sur les réseaux sociaux… Ina, déjà dans la vie active, doit jongler entre son travail, ses deux associations et ses activités d’autrice Wattpad… Ensemble et aux côtés de leurs amis, ils essaient, tant bien que mal, de s’entendre, pour publier HoMag, une revue LGBT+. Mais entre amour, études, travail et autres réalités du quotidien, la vie n’est pas toujours simple, pour celles et ceux qui ne rentrent pas dans le moule d’une société trop formatée. Suivez leurs vies, leurs errances, leurs luttes, durant toute une année scolaire, à travers un récit choral aussi ambitieux que stimulant.

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𝚂𝙴𝚁𝚅𝙸𝙲𝙴 𝙿𝚁𝙴𝚂𝚂𝙴 – 𝙴𝙽 𝙿𝙰𝚁𝚃𝙴𝙽𝙰𝚁𝙸𝙰𝚃 𝙰𝚅𝙴𝙲 𝙻𝙰 𝚅𝙾𝙸𝚇 𝙳𝙴𝚂 𝙻𝙴𝙲𝚃𝚁𝙸𝙲𝙴𝚂

Un roman important entre contemporain et romance, au casting diversifié et attachant.

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Ce roman, à la croisée des chemins entre romance et contemporain, nous propose de suivre plusieurs personnages, leurs vies, leurs combats, leurs amours… et qui ont tous un point commun, ils font partie de la communauté LGBTQ+ et d’un magazine qui les rassemble. À vrai dire, ce fut pour moi une première fois pour beaucoup d’éléments, et c’est une vraie réussite, une révélation même. Je n’avais jamais lu d’ouvrage avec autant de points de vue, avec une telle polyphonie et je suis étonnée que ce soit aussi fluide à la lecture ! Les personnages se complètent et leurs vies qui s’entremêlent sont passionnantes à suivre, ce n’est pas le moins du monde ennuyant, il y a tellement d’histoires croustillantes à découvrir ! Je trouve qu’il a un côté rafraichissant et moderne malgré les sujets importants évoqués et approfondis.

À vrai dire, l’écriture de Cordelia est tout aussi impressionnante. Ça se lit tout naturellement, il y a des pointes d’humour de manière récurrente, et j’ai pouffé à de nombreuses reprises. J’avais un peu peur au départ d’être gênée par l’utilisation de l’écriture inclusive mais au final, ça se fond parfaitement dans la lecture ! Ce roman est authentique et cela notamment grâce à la profondeur et la pluralité des personnages. J’ai eu un coup de coeur pour Jade et Ina, attachantes et cyniques, dont les réflexions m’ont profondément marquée. Mais tous m’ont touchée à leur manière, même David ou Harry, qui sont parfois, disons, difficiles à cerner. J’ai du mal à décrire les émotions que j’ai ressenti, mais j’ai l’impression que les avoir suivis et vu évoluer de manière si proche m’a fait grandir à leurs côtés. Déambuler dans les rues parisiennes que je connais bien a dû également aider cette sensation de proximité.

C’est aussi le premier livre avec autant de diversité et de représentation, avec un aspect si militant que j’ai pu lire. Il y en a si peu par chez nous, et c’est terriblement nécessaire d’y avoir accès. Il nous fait réaliser purement et simplement nos privilèges et l’on saisit tout ce que peuvent vivre les gens au quotidien, puisqu’en plus d’homophobie et de transphobie, il est également question de validisme et de racisme. Les micro-agressions, les remarques désagréables voire dégueulasses, les relations familiales et amicales, la vie en général plus difficile, on s’en doute déjà, mais mettre un visage sur la personne qui les subit les rend plus réelles. On se rend compte de bien des choses et qu’on n’est jamais tout à fait déconstruits, qu’il y a toujours du travail. Ce roman est d’utilité publique, il aide à la remise en question, il est pédagogue en un sens et surtout, il représente beaucoup de personnes qui ne le sont pas assez, et je n’imagine même pas à quel point cela doit faire du bien aux personnes concernées. J’ai terriblement hâte de le lire la suite maintenant !

2 commentaires sur « CHRONIQUE #151 | Tant qu’il le faudra »

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