CHRONIQUE #131 | 𝟤105 : Mémoire interdite

couv11866191𝓖𝑒𝓃𝓇𝑒 : Dystopie

𝓣𝒾𝓉𝓇𝑒 : 2105 : Mémoire interdite

𝓐𝓊𝓉𝑒𝓊𝓇 : Anouk Filippini

𝓔𝒹𝒾𝓉𝒾𝑜𝓃 𝑒𝓉 𝓟𝒶𝓇𝓊𝓉𝒾𝑜𝓃 : Auzou (2020)

𝓝𝑜𝓂𝒷𝓇𝑒 𝒹𝑒 𝓅𝒶𝑔𝑒𝓈 : 538 pages

ℛ𝑒́𝓈𝓊𝓂𝑒́ : En 2105, il n’existe plus que deux classes sociales: les Lastings –des privilégiés qui à l’adolescence reçoivent un sérum leur permettant de vivre 400 ans–et les Vulnérables, les citoyens ordinaires. Une fois par an, un grand concours est organisé pour permettre à des jeunes Vulnérables de recevoir le précieux sérum. Les épreuves portent sur leurs capacités cérébrales.Contre l’avis de sa mère, la jeune Sophìa décide de participer, mais elle est bientôt assaillie par des visions troublantes qui semblent surgir d’une époque taboue pour le gouvernement mondial: les années 2000. Ces souvenirs sont implantés en elle sous forme d’un virus, mais la jeune fille pourrait y trouver des informations cruciales sur son passé et celui de son monde.Pour survivre, Sophìa va devoir choisir entre la mémoire et l’oubli…

ligne-rose

𝚂𝙴𝚁𝚅𝙸𝙲𝙴 𝙿𝚁𝙴𝚂𝚂𝙴 – 𝙴𝙽 𝙿𝙰𝚁𝚃𝙴𝙽𝙰𝚁𝙸𝙰𝚃 𝙰𝚅𝙴𝙲 𝙻𝙰 𝚅𝙾𝙸𝚇 𝙳𝙴𝚂 𝙻𝙴𝙲𝚃𝚁𝙸𝙲𝙴𝚂

𝒰ne dystopie qui sort des sentiers battus et met en avant l’importance de la mémoire dans une civilisation, accompagné de messages environnementaux et politiques.

ressenti-livre

𝓔n commençant ce livre, j’avais peur que ce ne soit encore qu’une dystopie peu originale avec deux castes, l’une disposant de bien plus de pouvoir que l’autre. Si le schéma de base manque en effet d’originalité, l’autrice a su apporter de nouveaux éléments, des réflexions très profondes et des personnages touchants et peu communs. Sophia n’est pas une grande révolutionnaire, est même vue comme un personnage un peu niais à qui l’on doit tout apprendre. Son évolution n’en est que plus intéressante et tout à fait probable et mesurée. J’ai apprécié rentrer dans son esprit de cette manière, elle se remet en question avec beaucoup d’humanité, sans se plaindre de sa condition pourtant difficile. Cela faisait longtemps que je n’avais pas croisé un personnage si attachant et c’est ce qui fait la force du roman.

ℒ’autrice utilise la position des Lastings, qui peuvent vivre près de 400 ans grâce à un sérum, pour évoquer l’immortalité et le passage du temps sur les mémoires. Le lecteur a ainsi l’occasion de réfléchir sur l’avenir et de se remettre en question sur ses positions actuelles. L’aspect médical est également très intéressant, avec cette idée de vaccin universel et de bactéries dans le cerveau. Celle qui touche Sophia est si particulière que l’on apprend avec le personnage à la connaitre et à l’appréhender. Toute la partie au sein du groupe de résistants m’a beaucoup plu, car elle nous offre un havre de paix écologique et bienveillant au milieu d’une société toujours plus inégalitaire. Pourtant, je me suis fait la remarque que les Vulnérables étaient mieux lotis que beaucoup de « pauvres » dans les dystopies, au fond, vivre 100 ans, est-ce que ce n’est déjà pas suffisant ? Le Slamb, sorte de concours pour gagner le fameux sérum était intéressant à suivre dans sa réflexion sur les émotions.

𝒱oir les années dans lesquelles nous sommes actuellement comme faisant partie d’un passé caché était intéressant car on le voyait d’un autre point de vue, avec l’année 2015 et Paris qui apparaissent comme un point important dans la mémoire de Sophia. J’ai eu le sentiment d’être encore plus investie dans l’histoire en ayant vécu ces souvenirs moi-même. Cela prend même encore plus d’ampleur de ce point de vue venant du futur. Tout le discours sur l’environnement m’a paru essentiel et bien mené, avec l’autrice qui appuie sur la violence des gouvernements. Les personnages de ce roman sont nombreux mais chacun a une personnalité bien à lui. L’accent est mis sur la loyauté dans leurs relations, et l’amour surtout, qui explose à la fin du roman d’une très belle manière. L’histoire d’amour de Sophia était vraiment mignonne, j’ai trouvé qu’elle se mêlait bien au récit et bien qu’elle soit assez présente, elle ne gêne en rien l’intrigue. Il y a un joli message d’espoir sur les relations homosexuelles normalisées tout comme le racisme vraiment sévèrement réprimé.

𝒥e regrette en revanche une fin trop rapide, où les actions se bousculent dans un temps trop court. Cela donne l’impression qu’il manque des révélations importantes et donne un goût d’inachevé, notamment car le sort de personnages importants est laissé flou. Le but de toute cette épopée à travers la mémoire et le temps parait un peu léger au final, il manque de retournements de situation saisissants et d’une volonté politique plus marquée. Certains passages auraient gagnés à être un peu raccourcis de ce fait. Cependant, l’ensemble est vraiment convainquant, et résonne tout particulièrement avec la période actuelle. Nous sombrons nous-même peu à peu dans une dystopie, avec des catastrophes climatiques à venir et des gouvernements qui cachent les erreurs du passé sous le tapis. C’est cet aspect et l’importance de la mémoire collective qui m’ont particulièrement émue et touchée, tant ils sont écrits avec poésie et force à la fois.

dix-huit

2 commentaires sur « CHRONIQUE #131 | 𝟤105 : Mémoire interdite »

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