CHRONIQUE #110 | 𝒯ous nos jours parfaits

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𝓖𝑒𝓃𝓇𝑒 : Contemporain – Drame

𝓣𝒾𝓉𝓇𝑒 : Tous nos jours parfaits

𝓐𝓊𝓉𝑒𝓊𝓇 : Jennifer Niven

𝓔𝒹𝒾𝓉𝒾𝑜𝓃 𝑒𝓉 𝓟𝒶𝓇𝓊𝓉𝒾𝑜𝓃 : Gallimard (2015)

𝓝𝑜𝓂𝒷𝓇𝑒 𝒹𝑒 𝓅𝒶𝑔𝑒𝓈 : 377 pages

ℛ𝑒́𝓈𝓊𝓂𝑒́ : Quand Violet et Finch se rencontrent, ils sont au bord du vide, en haut du clocher du lycée, décidés à en finir avec la vie. Finch est la « bête curieuse » de l’école. Il oscille entre les périodes d’accablement, dominées par des idées morbides et les phases « d’éveil » où il déborde d’énergie. De son côté, Violet avait tout pour elle. Mais neuf mois plus tôt, sa sœur adorée est morte dans un accident de voiture. La survivante a perdu pied, s’est isolée et s’est laissée submerger par la culpabilité. Pour Violet et Finch, c’est le début d’une histoire d’amour bouleversante: l’histoire d’une fille qui réapprend à vivre avec un garçon qui veut mourir.

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𝒞e livre est important, traite de sujets durs d’une manière remarquable et la puissance des mots qui le composent est phénoménale.
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TW SUICIDE – DEPRESSION – VIOLENCE – DEUIL

𝒯out d’abord, j’ai décidé d’insérer dans les chroniques qui le nécessiteraient des TW. Ce sont des trigger warnings, dont la définition pourrait être « un avertissement qui prévient qu’une œuvre contient des éléments pouvant déclencher le rappel d’un traumatisme« . Clairement ici, c’est nécessaire, tout le monde ne peut pas lire ce roman sans en être profondément bouleversé, selon son parcours personnel. C’est peut-être aussi ce qui m’a fait tant l’apprécier, car j’ai trouvé qu’il mettait les mots sur les émotions, et j’ai pu m’y identifier. J’ai trouvé le sujet de la dépression et du deuil immensément bien traités pour un roman jeunesse.


𝒥e ne vais pas m’étaler mais ayant subi du harcèlement et ne m’étant jamais sentie à ma place dans ce monde, j’ai fait une TS au collège. Je l’ai foirée magistralement et ça m’a servi de leçon, mais la dépression n’est pas partie pour autant. Elle dure depuis sept ans, et si ça a été dur pendant longtemps, je suis sortie de la phase noire, et j’ai tendance à dire que comparé à d’autres, je vais plutôt bien, je suis souvent heureuse, j’ai juste parfois des rechutes, avec des sortes de phases dépressives. De même, j’ai perdu mon chien, qui était un vrai membre de la famille l’année passée et est expérimenté le deuil de près. Alors oui, j’ai chialé comme une madeleine desséchée à la fin de ce roman 😀


𝒫our en revenir au roman, je trouve que les citations sont puissantes, les mots à leur place, même la traduction a un style terriblement beau et triste ! C’est un roman à la fois plein de joie qui nous fait comprendre qu’il faut profiter du moment présent avec ceux qu’on aime et toujours les garder en mémoire. Chaque personne qui passe dans notre vie nous apporte une leçon et même si l’on se dit ensuite qu’on aurait préféré l’éviter pour ne pas souffrir autant, au final, il ne reste que les bons souvenirs et l’amour. C’est un peu la morale de ce roman. J’ai adoré ce principe de redécouvrir sa région par des visites insolites, c’est ce que j’adore faire. J’ai appris de nombreuses choses sur l’Indiana ! Les personnages sont beaux. Leur psychologie, surtout celle de Finch est profondément travaillée et dénonce de nombreuses choses par l’ironie.


𝒞’est justement l’ironie du sort, car j’ai beaucoup ri avec ce personnage, on a vite de la tendresse pour lui et son courage, car il continue à se battre. Violet m’a un peu moins touchée mais son parcours est impressionnant, elle grandit et mûrit, et l’on se rappelle au final que c’est sûrement la plus malheureuse. Ce roman mérite d’être lu, pour ceux qui le peuvent, on s’attend à une fin malheureuse, qui s’avère belle grâce à cette idée de monde parallèle. Les cinquante  dernières pages mettent le coeur à vif, et chaque mot m’a rappelé ce que j’ai vécu (une cascade de pleurs, vous dis-je), c’est pourquoi il faut déjà avoir pu s’en sortir et être relativement stable pour le lire, sinon, j’ai bien peur qu’il soit un peu dangereux.
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J’en profite pour vous parler rapidement du film, que j’ai trouvé relativement sympathique mais terriblement mal adapté. Risque important de spoilers pour expliquer les problèmes !cinema

C’était un film plutôt agréable à regarder quand on ne sait pas qu’il est tiré d’un livre. Il reste émouvant et rythmé, mais on perd clairement l’essence du roman. En fait, sans avoir lu le roman, il va vraiment vous manquer beaucoup d’éléments de compréhension, et ça en fait une mauvaise adaptation pour moi. Sans les pensées de Finch, la question du suicide et de la dépression sont terriblement moins bien décrits et assez durs au final à comprendre. Comme une amie l’a dit, on dirait qu’il va mal pour aucune raison, qu’il fait juste son intéressant, il n’y a plus tout le background personnel derrière. C’est notamment la violence et l’abandon de son père qui ont donné lieu à sa dépression, mais aussi la lâcheté de sa mère, qui a abandonné son rôle et l’a laissé s’enfoncer. La scène d’ouverture n’est pas du tout la même que dans le roman alors que c’est un point clé. La chronologie n’est pas respectée et n’a plus grand sens.

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Je comprends qu’en une heure et demie, il ne soit pas possible de tout retranscrire, et j’espérais que l’autrice aux commandes, nous aurions une bonne adaptation. Malheureusement, si le film reste beau, il ne m’a pas bouleversée autant. Niveau casting, il manque des personnages importants, liés à ce que je disais plus haut, notamment dans la famille de Finch. Elle Fanning interprète plutôt bien Violet je trouve. Physiquement, je l’imaginais exactement de cette manière, et ses attitudes sont excellentes également. Mais le jeu reste un peu plat et convenu je trouve. Quant à Justice Smith, qui joue Finch, je suis un peu déçue. Il ne lui correspond pas vraiment physiquement (d’ailleurs, il est marqué noir sur blanc que le personnage est blanc ?) et s’il reste attachant, je n’ai pas trouvé son jeu bien fameux. Cependant, le film contient bien moins de TW alors ce peut être une alternative si vous ne pouvez pas lire le livre.

4 commentaires sur « CHRONIQUE #110 | 𝒯ous nos jours parfaits »

  1. Ai-je lu ce livre deux semaines après une hospitalisation? Oups. Mais je l’ai adoré. J’ai adoré Finch, et j’ai pleuré. Et je me suis sentie soulagée. Parce que j’avais enfin trouvé un livre dans lequel ça se terminait mal. Dans lequel la dépression était (enfin) traitée avec réalisme.
    Je lis ta chronique les larmes aux yeux. Et je t’admire, parce que chez moi, tous les mots que je voudrais dire sur ce livre et sur la dépression restent coincés quelque part dans ma poitrine.

    Aimé par 1 personne

  2. Je suis d’accord le film il pue du boudin, on sent pas du tout la dépression ou du moins c’est très mal posé contrairement au livre. Bon après que le personnage de Finch ne lui ressemble pas physiquement je m’en fiche un peu car ils ont réussi à garder son caractère un peu bizarre avec les autres, c’est bien un truc qu’ils ont réussi mais ils ont directement mis de côté toute son histoire et ça c’était pas ouf. En plus, la bande annonce montre CHAQUE SCENE du film. Je l’ai revue la dernière fois je me suis dit ????? WTF ????

    Aimé par 1 personne

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