CHRONIQUE #96 | 𝒫anthère-des-ténèbres

couv52484753

𝓖𝑒𝓃𝓇𝑒 : Fantasy

𝓣𝒾𝓉𝓇𝑒 : Mojunsha T.1 – Panthère-des-ténèbres

𝓐𝓊𝓉𝑒𝓊𝓇 : Sara Pintado

𝓔𝒹𝒾𝓉𝒾𝑜𝓃 𝑒𝓉 𝓟𝒶𝓇𝓊𝓉𝒾𝑜𝓃 : Noir d’Absinthe (2019)

𝓝𝑜𝓂𝒷𝓇𝑒 𝒹𝑒 𝓅𝒶𝑔𝑒𝓈 : 456 pages

ℛ𝑒́𝓈𝓊𝓂𝑒́ : Plus de huit cents ans après la chute des Rois-Panthères, les Kunji constituent la caste la plus méprisée du Royaume Mojun. Leurs tentatives pour renverser la dynastie des Mojunsha se sont toutes soldées par des échecs. Japsaro, descendant des Rois-Panthères, passe un pacte terrible avec Panthère-des-ténèbres, l’un des Avatars du Grand Dieu, afin de rendre aux Kunji leur prestige d’antan. Est-il cependant prêt à tous les sacrifices que lui demande Panthère-des-ténèbres en échange de son soutien ? Et surtout, sert-il vraiment sa cause ou n’est-il qu’un pion dans les luttes des Avatars du Grand Dieu ?

ligne-rose

𝚂𝙴𝚁𝚅𝙸𝙲𝙴 𝙿𝚁𝙴𝚂𝚂𝙴

𝒰n premier tome très dense, avec une mythologie orientale poussée et de nombreux personnages ambigus et complexes qui surpassent les légers soucis de narration et de mémoire.

ressenti-livre

𝓘l est très rare de trouver des fantasy aux accents indiens. On se retrouve dans ce roman dans une atmosphère très exotique et orientale qui ne m’a pas déplue. L’autrice a déployé des trésors d’imagination et de recherches qui nous donnent l’impression d’être totalement immergés dans la mythologie présentée. On fait face à des Avatars, équivalents des dieux hindous qui sont interdépendants avec les humains et constamment en conflit avec les autres. J’ai vraiment apprécié qu’on puisse suivre leurs pensées à eux également, leurs manipulations, ça appuie l’intérêt de l’intrigue. Depuis 800 ans, ce sont les « disciples » d’Élephant-de-lumière qui règnent, mais auparavant, c’était ceux de Panthère-des-ténèbres, et ceux-ci veulent reprendre leur place après avoir été oppressés et humiliés pendant des siècles. Mais ce n’est pas pour autant manichéen, bien au contraire. On parvient à comprendre les deux côtés, car tout ce qui se passe est à cause de l’oppression des uns, et de l’autre, on suit de nombreux personnages du côté du règne en place et leurs moeurs sont plus évolués. On retrouve le système de castes habituel, qui est bien utilisé mais reste relativement peu original.


𝒞’est vraiment un monde complexe et dense qui a été créé, avec de véritables nuances de noir, de gris et de blanc qui rendent la lecture très attachante. Je me posais beaucoup de questions, j’engueulais les uns, étais triste pour d’autres, ce qui en fait une excellente fantasy à mon goût. Il y cependant un nombre de personnages assez élevé, avec des noms plus ou moins similaires à cause de leurs croyances, les sonorités se ressemblent et mon cerveau avait parfois besoin d’un peu de temps pour se remettre qui était qui. Je ne pourrais pas citer tous les personnages mais j’ai adoré leur diversité, qu’ils soient jeunes, vieux, femme ou homme, on avait l’occasion de lire leurs pensées et de se faire notre opinion en toute conscience grâce à l’alternance de points de vue. Je n’appréciais pas Japsaro dès le départ et de mon humble avis, j’avais raison, même si je comprends ses motivations, on ne doit pas être prêt à autant de sacrifices. J’ai autant apprécié Aysso, que j’ai trouvé compréhensive et lumineuse, que Neyro, très sombre mais qui m’a beaucoup touchée notamment avec « ses enfants ». Les personnages féminins sont globalement forts de caractère et c’est un point qui m’a plu.


ℒa narration interne m’a parfois dérangée mais on s’y habitue. Le roman est divisé en trois parties qui correspondent à trois décennies des années 800. Cela nous permet de suivre l’évolution des personnages, d’avancer dans leur histoire et dans l’intrigue de manière réfléchie. J’avais peur d’être frustrée de ne pas tout voir, mais au final, c’était appréciable et bien rythmé, avec des moments riches en actions et en combats, et d’autres pleins de douceur et de moments en famille. En fin de compte, ce gros pavé pourrait se lire seul, mais la fin donne vraiment envie de voir où tout cela va mener nos amis, car je me suis beaucoup attachée à eux, y compris à ceux que je n’appréciais pas vraiment au début. On voit les trahisons et liens de la Cour, l’arrière-pays avec les descendants Kunji, les combats un peu partout dans le pays, les transactions avec les pays voisins, c’est vraiment complet et j’ai très hâte de voir cette société évoluer. J’espère juste que l’on retrouvera quelques personnages de ce tome-ci au moins, notamment les enfants et adolescents.


𝒞’est un roman qui n’est pas dépourvu de violences et de tortures, comme beaucoup de fantasy qui mettent en scène des conflits. Cela créé une ambiance un peu sombre, surtout qu’une partie se situe dans la jungle, et l’on ressentirait presque sa moiteur à travers les pages. Mais une autre se passe à la Cour et apporte de la lumière, notamment grâce à Aysso, puis aux enfants que l’on voit grandir. On comprend que la noirceur est en chacun des personnages qui luttent contre elle ou se laissent emporter, et bizarrement, je trouve que ce combat intérieur ne rend pas l’ensemble du roman noir, mais plutôt porteur d’espoir et j’ai vraiment apprécié ça. Il y a un lexique un peu particulier dû à l’inspiration mythologique indienne, mais c’est vraiment accessible et j’adore le terme Mojunsha, je trouve qu’il sonne terriblement bien ! J’ai eu du mal à rentrer dedans au début par la densité de ce tome, mais il m’a finalement transportée dans son monde et je vous recommande le voyage !

dix-sept

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s