CHRONIQUE #89 | ℒ’Estrange Malaventure de Mirella

couv9854416𝓖𝑒𝓃𝓇𝑒 : Fantastique

𝓣𝒾𝓉𝓇𝑒 : L’Estrange Malaventure de Mirella

𝓐𝓊𝓉𝑒𝓊𝓇 : Flore Vesco

𝓔𝒹𝒾𝓉𝒾𝑜𝓃 𝑒𝓉 𝓟𝒶𝓇𝓊𝓉𝒾𝑜𝓃 : Ecole des Loisirs (2019)

𝓝𝑜𝓂𝒷𝓇𝑒 𝒹𝑒 𝓅𝒶𝑔𝑒𝓈 : 216 pages

ℛ𝑒́𝓈𝓊𝓂𝑒́ : Moyen Age. Les rats ont envahi la paisible bourgade d’Hamelin. Vous croyez connaître cette histoire par coeur ? Vous savez qu’un joueur de flûte va arriver, noyer les rats en musique, puis les enfants d’Hamelin ? Oubliez ces sornettes : la véritable histoire est bien pire. Mirella, porteuse d’eau de 15 ans, crève-la-faim et enfant trouvée a un don ignoré de tous : elle voit ce que personne d’autre ne voit et ça lui donne une sacrée longueur d’avance. Y compris sur le plus célèbre dératiseur de tous les temps.

ligne-rose

𝒰ne réécriture très originale d’un conte assez peu connu, avec un aspect fantastique inattendu et un style littéraire particulièrement puissant.

ressenti-livre

𝒥e connaissais bien sûr le conte du Joueur de flûte d’Hamelin mais pas en détail. J’ai adoré cette réécriture très particulière, qui sort totalement de nos habitudes. Déjà, ce n’est pas écrit en français contemporain. On est mis dans le bain tout de suite au début du roman, avec un parler médiéval, de l’ancien français un peu simplifié, qui nous immerge vraiment dans l’histoire de Mirella. C’est assez facile à comprendre et ça ne m’a pas du tout dérangé, au contraire, j’ai même trouvé ça assez drôle ! Cette écriture bien particulière est pourtant très fluide, assez poétique et très immersive, la plume de l’autrice nous plonge en plein dans l’action, on se croirait coincé entre les murs d’Hamelin avec les personnages, dans une ambiance assez oppressante.


𝓔n effet, c’est loin d’être tout mignon. On se doute bien qu’une période de peste n’est jamais joyeuse à vivre, mais là, on va au-delà. Le récit est vraiment sombre et plutôt violent, parce qu’il retranscrit à merveille les conditions de vie de l’époque médiévale, où les femmes étaient encore plus bas que terre. J’ai adoré le petit schéma que Mirella fait pour se placer dans la hiérarchie d’Hamelin. Quant on est une femme, pauvre et orpheline, même les lépreux sont presque plus importants dans la société. Donc l’autrice réalise une critique de la société super intéressante, très réaliste, à laquelle on peut bien s’identifier, avec une touche de féminisme clairement pas déplaisante.


𝒥e ne m’attendais pas à la tournure qu’a pris le récit. Je pensais à une réécriture, mais assez historique en soit, mais au milieu du roman, on comprend que le fantastique s’ajoute au genre médiéval. J’ai adoré, ça donne un aspect magique, beau, plein de couleurs, au milieu de l’époque sombre et de la mort qui plane. Il y a d’ailleurs parfois des descriptions un peu trash, ça donne des frissons ! La musique a une grande place dans l’histoire et je parvenais presque à la visualiser grâce au talent de l’autrice. J’ai trouvé le rendu final extrêmement poétique et le fait que le roman soit assez court conforte l’idée du conte, sans qu’il ne manque quoi que ce soit, le récit est complet et la fin m’a beaucoup plu. Je m’attendais à pire en fait, et je suis très satisfaite ! La morale est excellente, car les enfants sont au final un véritable espoir, ceux qui ont le karma le plus pur, on va dire, et rien n’est au final ce qu’il semblait être dans ce roman, justice est rendue !


𝒥’ai adoré Mirella. Vraiment un personnage très attachant, avec laquelle on est rapidement en empathie. Elle est très intelligente, loin d’être naïve, très débrouillarde, et profondément bonne. Elle suit son instinct et elle possède une grande force, et ce grâce ou à cause de sa vie difficile alors qu’elle n’a que 15 ans. Elle est porteuse d’eau et n’a que peu de répit, est habillée de haillons, peu appréciée car elle est différente. Elle a notamment des cheveux roux, et c’est à l’époque un signe du diable. On rencontre des personnages absolument détestables, profiteurs… Et le fait qu’une maladie très contagieuse arrive dans la ville révèle les vrais visages, et ce n’est pas beau à voir ! Je suis mitigée sur Gastun mais au final, c’est loin d’être le pire. Mirella est très protectrice avec le tout jeune porteur d’eau, Pan, dont j’adore le prénom en rapport avec l’histoire, gentil et loyal. C’est l’un des seuls à qui elle peut faire confiance, avec Peest. C’est au final, l’homme le plus respectable de tous, et pourtant, c’est un émissaire de la Mort. Mais il est compréhensif, gentleman et je l’ai beaucoup aimé ! Je pensais ne jamais dire ça d’ailleurs.

dix-huit

11 commentaires sur « CHRONIQUE #89 | ℒ’Estrange Malaventure de Mirella »

  1. Il a l’air vraiment cool comme roman, faut vraiment que je me lance dedans ♥ J’avoue avoir un petit faible pour le conte du joueur de flûte de Hamelin ! J’aime bien les histoires qui ne finissent pas vraiment bien. J’ai la version BD qui est sortie il y a quelques années maintenant, du coup faut que je rajoute ce roman à ma bibli !

    Aimé par 1 personne

      1. Ptdrrrr ça, la Petite Sirène aussi ! Mais c’est des contes qui sont moins dans les moeurs aussi genre y’a pas eu beaucoup de films et encore moins de Disney ! Pourtant, ils ont pas manqué de faire du trash eux donc ils pourraient bien gérer la Peste !

        Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s