CHRONIQUE #46 | Lunes d’ivoire

couv60599110Genre : Aventure YA

Titre : Lunes d’ivoire

Auteur : Julie Eshbaugh

Edition & Parution : Pocket Jeunesse (2018)

Nombre de pages : 284 pages

Résumé : Kol, 17 ans, n’a que deux objectifs : chasser le mammouth et protéger sa famille contre les tigres à dents de sabre. Mais son coeur bascule quand Mya débarque du Sud avec sa famille. Kol est fasciné par cette jeune fille, belle, forte, intelligente… et aussi têtue qu’arrogante. Pourtant, derrière cette attitude hautaine se cache un profond mystère, une histoire jonchée de pertes et de deuils qui va ressurgir le jour où un autre clan s’installe dans la vallée. Parmi les nouveaux venus, Lo, une ancienne rivale de Mya… Le jeune chasseur parviendra-t-il à empêcher la mort de s’abattre sur les plaines glacées du Nord ?

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Ma plus grande peur avec ce roman, c’était la romance. Finalement, je suis assez satisfaite, parce que ce n’était pas si ennuyant que ça, grâce aux péripéties préhistoriques que le lecteur n’a clairement pas l’habitude de rencontrer ! Et c’est ce qui fait l’originalité de ce roman.

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J’ai bien aimé ce roman, apprécié suivre les péripéties de Kol, sans pour autant être emportée par le récit. La narration m’a posé problème, en fait. Le début du roman commence par la fin, où le jeune homme raconte une histoire pour tenir éveillée Mya. On comprend bien vite qu’il raconte leur histoire et ce pour quoi ils en sont arrivés à ce moment. Si l’idée est tout à fait pertinente, c’est la réalisation que je n’ai pas apprécié. En effet, Kol parle à la deuxième personne du singulier. Il s’adresse à Mya et utilise donc les pronoms « te », « tu », « toi » constamment. En plus d’être déroutant, j’ai simplement trouvé ça désagréable, même si l’on s’y habitue.

Le point fort du roman, qui fait son originalité, c’est le contexte historique de la préhistoire. Je crois que c’est le premier que je lis sur le sujet, et c’était très intéressant ! J’ai le sentiment d’en avoir appris plus sur la prétendue vie à l’époque, les modes de déplacement des clans, nomades ou sédentaires, leurs façons de chasser et de se nourrir. On sent aussi les inquiétudes vis-à-vis de la période glaciaire qui s’annonce et les mouvements de migration obligatoires qui déchirent le coeur des clans. Il y a des rivalités entre certains clans, qui ont un passé commun dont les enfants ne sont pas forcément au courant. J’ai beaucoup aimé que la légende originelle de chaque clan soit racontée pour en expliquer le nom et le destin ainsi que les traditions de chaque clan avec le Haut-Sage. Un peu moins l’obligation des enfants de trouver un mari ou une femme, vous vous en doutez….

Je suis mitigée, parce que les histoires d’amour ne sont pas l’intrigue principale du roman. Mais ils ont une place immense tout de même. Et bien sûr, le schéma du triangle amoureux revient encore. Mais ici, on fait face à un octogone amoureux. Je m’explique ! Chaque enfant doit trouver sa moitié, mais il faut que ce soit dans un même clan voisin. Ici, il y en a deux. Donc Kol ne peut pas épouser une femme du clan A si son frère veut épouser celle du clan B. Mais c’est l’aîné, c’est donc à lui que revient l’obligation de se marier en premier. Et ce n’est pas tâche facile. On sent que son choix se porte de suite sur Mya, malgré son mépris pour tout ce qui l’entoure, et surtout pour Kol. Sa façon de parler d’elle est constamment remise en question, puisqu’il ne sait pas quoi penser d’elle. Ça peut se comprendre vu son passé, mais ça fait d’elle un personnage assez antipathique. D’un côté, j’ai apprécié le fait qu’il ne se prosterne pas devant elle et la laisse tomber, mais de l’autre, il changeait encore tellement souvent d’avis, que ça m’a refroidie.

Cela dit, je ne me suis pas attachée à Kol non plus. Les caractères sont assez manichéens et survolés. Mais je ne peux pas lui enlever ça, pour une fois, ce n’est pas un imbécile qui fonce dans le tas pour jouer au plus fort, il sait bien qu’il est dépassé dans beaucoup de domaines, comme à la chasse, où son frère Pek est le meilleur. Il est assez mature dans ses décisions, comme dans ses pensées. Un bon point. Bref, les enfants mâles du clan de Kol essayent tous de se caser, et certains choisissent la même potentielle épouse, et passent prioritaires en fonction de leurs âges, ce qui attise les jalousies. En plus de cela, Seeri, la soeur de Mya, tombe amoureuse de Pek. Ça tombe bien, lui aussi ! Mais non, ce serait trop facile. Elle est déjà promise au meilleur ami de son frère ! Vous comprenez un peu, tout est histoire d’alliances et ça devient vite un peu too much. Heureusement, les aventures qui jalonnent le récit sont mouvementées et apportent un peu d’action au récit, lui évitant ainsi de ne devenir qu’une série américaine.  On sent bien la volonté de l’autrice d’utiliser la « trope » hate to love mais je pense que justement, ça se voit un peu trop et qu’il n’y a pas de suspense… Pour autant, rien que pour la dimension préhistorique rarissime, je recommande ce roman !

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2 commentaires sur « CHRONIQUE #46 | Lunes d’ivoire »

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