CHRONIQUE #9 | Nuit persane

couv52837567

Genre : Historique

Titre : Nuit persane

Auteur : Maxime Abolgassemi

Edition & Parution : Erick Bonnier (2017)

Nombre de pages : 461 pages

Résumé : – Mathieu, as-tu respiré une fois, une seule fois, le parfum d’une fleur dans un jardin de ce pays ? me demande Leyli. Non, Mathieu n’aura pas le temps de humer les roses de Chiraz. Arrivé à Téhéran en 1976, il y découvre d’abord le Lycée Râzi qui lui offre le cadre rassurant d’un établissement français pour expatriés, tandis que son père est en charge du nucléaire iranien. Le Chah fait alors la une des magazines parisiens, son pays est le meilleur allié de l’Occident dans la région. Puis, très vite, un autre Iran se révèle à Mathieu. Tombé amoureux fou de Leyli, il est happé par une Révolution totalement inédite qui allait radicalement changer le monde, et qui le dresse contre son père.

ligne-rose

SERVICE PRESSE

J’ai reçu ce roman grâce à la Masse Critique de Babelio, en septembre. J’étais attirée par le résumé et par l’Iran, qui est un pays que je connais somme toute, très peu, comme beaucoup d’entre nous. Je ne pensais pas l’apprécier autant. J’ai appris un tas de choses, tant sur l’Iran que sur mon propre pays.

ressenti-livre

Je ne sais pas comment chroniquer ce livre. Il est un peu hors de ma zone de confort, je lis très peu ce genre de roman un peu biographique, où l’on sent l’histoire personnelle se mêler avec l’Histoire. Une citation m’a particulièrement marquée : « Présente, je vous fuis ; absente, je vous trouve. ». Elle résume pour moi le roman et la relation entre Mathieu et Leyli, entre le pouvoir et le peuple… Ce livre mêle beaucoup d’aspects, on retrouve évidemment un grand axe politique dû au contexte de l’Iran dans les années 1970.

Bon, commençons par introduire les personnages. Mathieu arrive de France en 1976, obligé par le travail de son père qui va aider à développer le nucléaire iranien. On entame le roman avec un personnage plutôt blasé, qui suit ses parents parce qu’il n’a pas le choix et qui n’aimait de toute façon pas sa vie à Paris. Il va au lycée avec d’autres expatriés, à Râzi. C’est là qu’il va rencontrer ses nouveaux amis, dont Homayoun et Leyli. Qu’ils soient français ou iraniens, ses proches apportent tous quelque chose à l’histoire, un point de vue particulier. Mathieu est certes le personnage principal mais tous les personnages secondaires sont au même niveau. Leyli n’a pas besoin de Mathieu pour être intelligente et s’accomplit en tant que femme sans aide extérieure. Leur relation est très bien amenée, on passe d’une amitié profonde à une relation amoureuse poétique. J’ai beaucoup aimé chacun des personnages et m’y suis très vite attachée.

Le roman est divisé en quatre parties, en quatre phases qui démontrent l’évolution de Mathieu. De jeune et insouciant, il devient brisé et révolutionnaire. Dès le début, je savais qu’au moins un des personnages n’allait pas s’en sortir. De cette manière, je n’ai pas été bouleversée, juste énervée, car toute cette histoire a une résonance avec le monde actuel et notre situation qui empire chaque jour un peu plus. Il y a beaucoup de passages philosophiques, que j’avoue ne pas avoir toujours compris, mais qui donnent un vrai côté poétique et intellectuel au roman.

J’ai également appris beaucoup sur l’histoire de mon pays, je ne pensais pas que la France avait été si proche de l’Iran et c’était très intéressant de suivre les relations diplomatiques et l’hypocrisie sous-jacente du côté riche. Dès lors que Mathieu s’aventure un peu du côté des quartiers moins aisés, on ressent le changement d’ambiance du livre. Et la Révolution arrive vite. On sent venir l’extrémisme politique et les dommages de la religion dès la troisième partie. Au niveau des noms de politiques ou de références au persan, je n’ai pas tout suivi, c’était parfois un peu fouillis et mal expliqué, mais cela nous rend compte de l’état d’esprit dans lequel se trouve Mathieu, et son ignorance de petit français. Cela aide à s’identifier à lui. Je pense que le roman était un peu trop long, entre la deuxième et la troisième partie, il y avait beaucoup de moments de flottement; parfois peu utiles. On sent cependant la volonté de l’auteur de faire connaitre la culture iranienne et la beauté du pays (je l’ai beaucoup ressentie durant les passages des jardins), c’est très recherché et plein de détails, qui perdent parfois le lecteur.

J’ai beaucoup à dire sur ce roman, qui m’a profondément intéressé et appris des choses. C’est aussi l’intérêt de la lecture, apprendre et découvrir constamment. Je pourrais encore parler de l’Université de Téhéran, des mentions à la Sorbonne, de la violence ressentie lors des manifestations ou dans le bidonville, du côté politique très dense et complet, de la religion qu’on sent s’immiscer dans l’esprit des Iraniens et qui bouleverse tout, mais surtout de la maturité que prends Mathieu. Je me suis reconnue dans ses discussions avec son père, où il croyait tout savoir parce qu’il lisait des journaux, à sa confiance aveugle en Mohsen… Toujours réfléchir avant d’agir. Je conseille ce roman à ceux qui veulent découvrir de nouvelles terres, à ceux qui aiment l’Histoire, la beauté, la poésie et les récits poignants, bien qu’un peu longs.

seize

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s